Allons boire ailleurs : la Slovénie

Tandis que la popularité de nos microbrasseries ne semble pas près de s’émousser, j’ai voulu profiter d’un voyage outremer pour découvrir ce qu’il en était hors de nos frontières.

Départ fin juillet de Dorval pour un court séjour à Venise. Je passe rapidement sur ce premier arrêt, la quantité de touristes et la très ordinaire Birra Moretti ont fait en sorte que je n’ai pas grand expérience gustative à vous rapporter de la Sérénissime. D’ailleurs, j’y reviendrai, l’Italie, malgré sa réputation, m’a paru plutôt fade côté bouffe et alcool, à tout le moins pour un budget de prof en vacances.

Ljubljana, deuxième arrêt. Ah ! Déjà, nous sommes en terrain plus malté. La Slovénie est un ancien état yougoslave qui compte aujourd’hui deux millions d’habitants. Petit territoire, grande histoire, donc, et environ 80 microbrasseries, ce qui représente la moitié de notre ratio de brasseries par habitant. Mais la tendance s’accélère, m’a-t-on promis dans un charmant beershop de la vieille ville. Faisant fi des statistiques, j’ai goûté deux bières locales : la Fruitpocalypse Now, d’abord, de la brasserie Lobik, suivie de la Illusion, brassée par Hops Brew Craft Brewery. Premier constat : là- bas comme ici nous retrouvons la tendance lourde du houblonnage à tout crin. Deux bières fortement houblonnées, donc, s’inscrivant parfaitement dans la mouvance des boissons opaques brassées par chez nous. Effet de mode ? J’aurais tendance à dire que oui, d’autant plus que la Fruitpocalypse (ma préférée des deux) portait l’inscription : à boire directement de la canette. Inutile de dire que j’ai tout de suite pensé à certaines brasseries du Vermont qui prodiguent le même conseil.

Bien sûr, en quatre jours de dégustation, mon expérience des bières slovènes ne s’arrête pas là. J’ai aussi bu l’équivalent de la Molson locale, la Union, une bière qui accompagnait merveilleusement bien la visite du célèbre quartier punk de la ville, ainsi que quelques bières tchèques, dont la célèbre Pilsner Urquell et la Bernard, deux bières équilibrées et aucunement tendance. J’ai finalement dégusté une dernière bière de micro qui était excellente, mais dont les effets vaporisant ont effacé de ma mémoire à la fois son nom et celui de son brasseur. C’était bon, cette bière-là, je vous le jure !

De retour en Italie, à Trieste, ville portuaire de la Frioul-Vénétie. Ah ! Enfin une bonne pizza ! Il était temps ! Côté bière, c’était un peu mieux que de l’autre bord de l’Adriatique. Pas à cause des bières italiennes, par contre, plutôt parce qu’on m’a servi quelques grands brassins allemands pas piqués des vers. La Paulaner, notamment. Cette bière-là fait pas dans l’expérimental, non monsieur, mais Sainte-Nitouche que ça descend bien !

Enfin, deux semaines plus tard, retour à PET. Serait-ce le temps de m’arrêter à la micro Archibald pour y déguster sa fameuse poutine au sucre d’érable ? Pas question ! J’ai quelques bières dans le frigo qui m’attendent bien patiemment. La nouvelle Jet Set d’Avant-Garde, notamment. Je vous en donnerai des nouvelles bientôt, il s’agit d’un autre produit qui n’a rien à envier à ce qui se fait sur le vieux continent. En attendant, vous vous demandez sûrement comment accorder toutes ces bières européennes avec votre habituelle playlist Spotify ? Allons-y avec un vieux band révolutionnaire : Laibach. Allez-y. Laibach. Oui, ça fait mal, je sais. C’est un mal nécessaire. Parfois, il faut ce qu’il faut.

Na zdravje !

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