Au Frontibus, la Gaspésie en bouteille!

Grands espaces et terroir à la gorgée

Sur une superbe étiquette à l’effigie d’un renard – qui n’est pas sans rappeler une certaine fable de Lafontaine – on peut lire « Bière rusée gaspésienne », puis « Les grands espaces et la nature sauvage à chaque gorgée » : et c’est bien vrai! On sent le travail de terrain effectué dans la confection de leurs recettes dès les premières gouttes.

Au Frontibus? C’est d’abord et avant tout un couple d’artistes gaspésiens qui croient au pouvoir du terroir et de la culture locale. Tout le reste découle de là. M’étant récemment laissé dire que les premières embouteillées de cette jeune micro de Rivière-au-Renard arriveraient sous peu à l’ouest de Québec, je me suis fait un plaisir de goûter pour vous (et pour moi) trois de leurs premières réalisations. Le tout en les accordant évidemment à quelques produits locaux pas piqués des vers!

Blonde à la coriandre et au miel

Nez bien mielleux et douillet… Ça sent l’printemps! Le miel reste bien présent en bouche aussi. La coriandre fait son apparition par une amertume finale plutôt sèche, mais la bière reste très douce et pas si prononcée qu’on pourrait s’y attendre. C’est beau, c’est clean, floral et ça descend très bien! Une bonne bière de soif au miel gaspésien. S’accorde à merveille avec un bon sac de graines de chanvre bio grillées au sel de mer Coop du Cap de Cap-au-Renard!

Blanche de fox

Décidément, Au Frontibus porte bien son nom! Voici une Witbier étanche-soif assaisonnée aux canneberges et baies d’églantier. Le blé est très présent, c’est doux, légèrement acidulé et très rafraîchissant. Les fruits se font plutôt subtils jusqu’à ce que la lie rejoigne mon verre. Je recommanderais donc de bien agiter cette dernière avant de la servir, question de bien bénéficier de tous ses arômes. Une bonne bière d’été que j’accompagnerais sans hésiter d’une poignée d’algues Gaspésie sauvage de Douglastown!

Tripel Boréale

Sans contredit la pièce de résistance du trio! Nez super aromatique et floral : thé du Labrador bien présent et surtout bien infusé! Le thé du Labrador demandant une maîtrise presque apothicarissime de son degré d’infusion afin d’en laisser s’échapper ses arômes floraux sans nous perdre dans les tanins : laissez-moi vous dire qu’ici, c’est mission plus qu’accomplie!

En bouche, le chaga et l’alcool s’unissent pour offrir un amalgame caramélisé bien rond et sucré sur lequel s’installent paisiblement les aromates boréales que sont le thé du Labrador et le poivre des dunes. De toute beauté! On aurait pu s’attendre à une bière forte, amère et poivrée, alors qu’au contraire on nous sert ici un judicieux cocktail épicé du terroir aux effluves de randonnée en forêt!

L’on recommande de boire entre 8 et 12 °C, mais j’opterais plus pour 12 question de bien apprécier toutes les saveurs, si complémentaires soient-elles, de ce délicieux élixir. Un accord des plus judicieux serait ici un fromage pâte ferme ou semi-ferme tel la délicieuse tomme de Kamouraska de la Fromagerie Mouton blanc!

Qu’est-ce qu’on écoute en dégustant tout ça? Le dernier long heu des Hôtesses d’Hilaire c’t’affaire! Non mais quossé qu’t’en penses chose haille?

Sentier! Heum… Santé! ?

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