Gasket de tête, Tête d’Allumette

Après un détour tout en lacets depuis Notre-Dame-du-Portage sur la 132, nous arrivons enfin à St-André de Kamouraska à la brasserie Tête d’Allumette.

L’endroit est idyllique : une maison ancienne au toit recouvert d’une belle tôle argentée, tout le tour une galerie blanche et des murs d’un jaune ensoleillé. À gauche un verger, à droite des champs, et derrière, tranquille, le fleuve surmonté des montagnes de Charlevoix.

Jamais je n’avais imaginé boire une bière dans un cadre aussi enchanteur. Mais ce n’est pas tout. Les produits que l’on brasse à St-André sont à la hauteur du lieu.

La Tête de houblon, une black IPA, est tout simplement délicieuse, la Blanche tête et les sept grains que ma blonde a commandée l’est tout autant. Nous sortons sur la galerie pour admirer la vue et profiter de ce début d’automne. L’air salin qui vient du large s’invite rapidement dans nos narines, assez pour que l’on se sente dépaysés.

Avant de partir, je prends bien soin de me choisir un cruchon à emporter. C’est de cette bière dont je voulais vous parler. La Gasket de tête.

Il s’agit d’un stout qui présente des arômes de houblons subtils, de feu et de chocolat. En bouche elle est d’abord salée — un goût qui me plaît d’autant plus qu’il rappelle le paysage d’où la bière provient —, pour ensuite dévoiler des saveurs de café, d’amandes et de vanille. Je ferme les yeux et m’imagine sans peine le feu de camp qui crépite, les guimauves et le bois. L’effervescence est suffisante, même le surlendemain lorsque je termine le cruchon, et il en reste sur la langue une agréable sensation de cacao, comme si je venais en fait d’avaler un dessert.

L’expérience Tête d’Allumette me laisse complètement subjugué, et aucun qualificatif ne serait assez fort pour vous la décrire. Courez-y, même si c’est loin.

De notre côté, nous sommes revenus par l’ancienne route qui longe le fleuve. Un voyage plus long que par l’autoroute, mais qui permet de savourer le décor. Car c’est le miracle qu’accomplit la Tête d’Allumette. Elle nous force à ralentir.

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