Grands Crus barriqués, À la fût

Faisait un boute que j’étais su mon ch’val à chercher un saloon pis la route avait été pas pire longue entre la grand-ville pis la campagne. Faisait soif pas mal là… Faisait pas juste soif, j’avais besoin d’un bon r’montant! Fa que j’me su arrêté d’un désert de semi-banlieue pis j’ai attaché mon ch’val dret entre un cactus pis un érable à sucre.

C’est là qu’un espèce de cowboy-brewer-à-longue-moustache m’est apparu comme tout droit sorti d’un mirage pis qu’y m’a swingué une belle caisse deluxe remplie d’grands crus. « Hey merci! » Que j’y ai gâroché en ouvrant ma première bouteille avant qu’y disparasse dans broussaille. WOW! Un oasis de saveurs en bouteille.

Pis c’est ben c’qui m’épate le plus d’À la fût m’a t’dire! Toujours des produits bien balancés et conçus dans l’souci d’offrir des breuvages de qualité qui s’distinguent d’la masse. La série des grands crus 2019 n’y fait absolument pas exception. Ben au contraire! Et pis en plus de proposer des petites merveilles dans lesquelles le savoir-faire du brassage s’allie à celui de l’affinage et de l’assemblage, on nous propose un brassin spécial par mois durant toute l’année 2019!

Parmi ceux-ci, maintes collaborations, avec entre autres Pit Caribou, The Exchange, Indie Ale House, Griendel, Le temps d’une pinte, Broadway, Les Grands Bois et Cidrerie Milton. Assemblages de fermentation mixte, spontanée, bières sures et sauvages aux fruits et j’en passe… Tout ce qui se retrouve sur le calendrier des grands crus 2019 a subi un passage en barrique de plusieurs mois afin de conférer des arômes boisés à ces précieux élixirs sauvages.

Parlant d’eux, j’avais envie de vous en présenter quelques uns alors voici :

Cuvée Western (Version spontanée)

Ayant bénéficié d’un passage dans une cuve (évaporateur) de cabane à sucre en guise de coolship, cette bière inspirée des lambics est un assemblage de 2 brassins (vieillis 6 et 30 mois) de bière sure à fermentation sauvage dite « acérispontanée ». Une belle nouvelle appellation ça! C’est tout simplement délicieux. Et si on transformait toutes les cabanes à sucre en fermenteurs de lambics? Moé, chus pas contre en tout cas!

Déraille

Assemblage de St-So (Griendel), de fermentation sauvage de framboise et de Batiscani barriqué 17 mois. Toute délicate et caractérielle à la fois. Douce et rustique… comme une ballade entre amoureux en carriole tirée par des taureaux toé! Boisée et sauvage, voire cidreuse avec une belle pointe acétique qui allongé l’expérience. Le fruit est présent sans qu’on puisse réellement le distinguer du lot et ça, j’aime ben ça! C’est très bien balancé dans son ensemble et présente équitablement tous les aspects de l’assemblage avec brio.

Saison des barbus

Assemblage collaboratif – avec Le temps d’une pinte, Broadway et Les Grands Bois – barriqué 14 mois avec de la brett, puis dry-hoppé. Des esters wild et bien boisées se partagent la vedette avec le houblon amarillo. On goûte bien tous les aspects de cet assemblage atypique qui se bousculent entre barrique, levures sauvages et houblons frais afin de former une belle symbiose et d’offrir un tout complexe, qui gagne à être dégusté bien tempéré!

Rouge Monkey

Petite sœur de la rouge de Mékinac, rouge des Flandres Kriek fidèle au style. On a ici un match parfait entre cette dernière et la Spadina Monkey, bière aux cerises de Indie Ale House. On peut réellement confondre une de ces bouteilles avec une kriek belge de renom. Vineuse et juteuse, cette version est bien balancée par la griotte et le chêne qui lui confèrent des notes fruitées et boisées intenses.

Vieille Bruin de Mekinac

Sans aucun doute la pièce de résistance ici! Barriquée 24 mois, cette vieille brune typique nous démontre une fois de plus le savoir-faire de nos chers villageois de St-Tite. Pour moé, y d’vait y avoir du sang belge croisé ec’celui des bûcherons de c’coin d’pays-là m’a t’dire! Une belle rondeur sur le cuir et les tannins délicats du bois. Le côté torréfié du grain arrondit l’acidité de cette brune des Flandres (kheum, de Mekinac) en y ajoutant de notes de caramel plaisantes et délicates.

Fa que c’est l’gosier ben rempli pis les papilles rassasiées qu’chus r’venu en ch’val de raccompagnement vers la grand-ville mon chose. J’avais pas trouvé d’saloon, mais j’avais eu l’honneur de goûter d’la tabarouette de bonne bière laissez-moé vous dire. J’avais maintenant la ferme intention d’aller visiter c’te saloon paradisiaque là où c’qu’y embarriquent toute c’qui fait d’la broue en dansant des sets carrés sur des taureaux mécaniques. Ça, c’est juste en campagne que ça s’passe.
À bientôt St-Tite!

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