La Cuvée d’hiver 2019, comme un pèlerinage brassicole

La Cuvée d’hiver 2019, pour moi, fut en quelque sorte l’aboutissement d’un pèlerinage bien personnel. Et pis quand j’dis ça c’est juste une image là, chus loin de m’être écorché les genoux su’es marches d’escalier d’l’Oratoire Saint-Joseph! Reste que j’ai cheminé l’mois dernier. J’ai cheminé assez pour ne pas m’pitcher d’tou’es côtés comme un assoiffé sans fond une fois rendu dans vieille église Saint-Joseph (aka Salon 1861) c’t’année.

Avant d’se lancer dans l’vif du sujet pis d’me mettre à namedropper mes coups d’coeur d’la soirée, si on revisitait un peu l’histoire de ce lieu mythique? « Durant plus d’un siècle, l’église Saint-Joseph a servi d’endroit pour se rassembler, échanger et collaborer. » Étrangement, c’est aussi ce qui définit le mieux ce bel événement annuel, qui en est rendu à sa 7e édition! Prendre un verre en jasant de ce qui nous passionne, en regardant un bon show et en se sentant plus que bienvenu à chaque kiosque. Cette relation de proximité qui est difficilement palpable dans un (parfois trop) gros événement grand public, ben icite : est partout!

Si on fait quelques recherches sur le sujet, on découvre aussi que le Salon 1861 fut créé « dans le but d’offrir un espace collectif et briser les îlots d’isolement entre les secteurs de notre société » : n’est-ce pas là une mission qui se voit allègrement comblée par un événement comme celui de La Cuvée? Artisans, artistes, relations publiques, médias, gens du peuple, tous réunis dans un même et unique but : partager une sainte-bénite-de-bonne-bière en bonne compagnie! Et pour être bonne, elle l’était. Tellement qu’ils ont dû déclarer sold out à 20 h le vendredi : le même soir où la Hors Limite d’Auval et Domaine du Nival fut annoncée…

Coïncidence? Je ne crois pas.

Figurez-vous donc qu’en plein mois de sobriété (aka #28jours) on m’a envoyé un beau colis cette année! Incluant un succulent smores stout de Boréale, une prière personnalisée, un verre sérigraphié ainsi que des entrées pour le 7e ciel. Ayant, durant un peu plus d’un mois complet, privé mon gosier de ces si doux nectars, il allait de soit que je m’y lancerais avec modération. Et ce, même le soir de ma fête. (Eh oui! C’était, une fois de plus, un doublé!) Puisqu’un menu précis de cet événement est fourni d’avance, j’y suis donc allé d’une liste exhaustive de découvertes à faire, que j’ai d’abord suivie sans trop d’écarts (au début de la soirée, mettons) pour ensuite me laisser guider de quelques recommandations. Voici donc ce qui a retenu mon attention :

Un immanquable de cette année fut l’Agence Vitriol, qui nous a offert de purs délices d’importation privée, dont mes petits coups de cœur : la Gueuze Tilquin à l’ancienne et la Quetsche Tilquin à l’ancienne (lambic aux prunes). Deux délicissimes d’assemblages de lambics bien ronds et équilibrés comme peu. Tous deux élaborés avec les moûts respectifs de Boon, Lindemans, Girardin et Cantillon. Sans oublier la gueuze version fût ainsi que la prisée Mûre Tilquin à l’ancienne, ouverte à 21 h pile. Bien que tout ce qui était présenté par Vitriol était époustouflant, je me sens particulièrement privilégié d’avoir pu déguster ces offrandes spontanées en provenance de l’unique gueuzerie de Wallonie. Bonne fête à moi!

Y allant de quelques recommandations de notre cher Bièrologue, j’ai été agréablement surpris par Les Grands Bois et leurs deux concoctions sauvages barriquées. La réserve à Mario se veut un assemblage de bière de seigle vieillie avec levures sauvages et de jeune 4e dimension. On sent bien la brett, mais sans qu’elle soit trop sur le côté fermier non plus : un beau fruité-noyauté-boisé qui se déguste tel une pêche bien mûre. La partie Parfaite, de son côté, est une bitter fumée vieillie 10 mois en fût de Cabernet Sauvignon avec levures sauvages. Je dois avouer que ces bières (qui ne figuraient, à priori, pas sur ma liste initiale) furent les surprises de ma soirée puisque toutes deux de niveau supérieur à plusieurs brassins desquels j’attendais beaucoup. Hey Les Grands Bois, continuez donc ça! Le barriquage vous va si bien!

Et pis tant qu’à parler d’bières qui ne figuraient pas à ma liste, mais qui ont fini par se retrouver dans mes coups d’coeur de la soirée : Le stout Espresso Kenya AA ainsi que le cask Brown Ale avec café Nicaragua noir de Brasserie Mille-Îles ont su me renverser tout en m’aidant à prolonger ma soirée. Laissez-moi vous dire que cette passablement jeune brasserie sait y faire avec le foncé! C’était réellement le remontant idéal tout en étant bien savoureux et équilibré. Derrière ses étiquettes plutôt simples et noms de bières sans flafla, se cachent de petites merveilles tels ces deux délicieux cafés pétillants aux arômes plus qu’égayants. J’ai vraiment aimé!

Bref, une autre édition à couper la soif pour cette fabuleuse 7e Cuvée d’hiver! Qui ne sera assurément pas notre dernière. J’en profite d’ailleurs pour remercier et féliciter l’organisation, qui font un travail acharné tant au niveau promo que construction de menus et programmation de spectacles. Encore et toujours un événement unique qui se distingue du lot par son unicité et la qualité de son contenu!

AMEN!

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