Le Funk et la Furie, Avant-Garde

Nous sommes entraînés à l’encan de la ferme avec cette bière de type saison fermentée à l’aide de levures brett.

Robe voilée de couleur sable, le foin et les récoltes s’invitent immédiatement dans nos narines lorsque nous y plongeons le nez. Pas de temps à perdre, c’est sec, rempli de verdure, de hennissements et de coups de sabot. La jument en chef débarque sans crier gare et nous projette dans l’étal de produits maraîchers : attention, le kiosque d’agrumes vient de nous tomber sur la tête, suivi d’un autre coup de mors de notre attelage lâché lousse.

On se relève, tiré par les brasseurs d’Hochelaga, pour constater à la deuxième gorgée qu’il n’en faudra pas beaucoup plus pour terminer cette bière en tout point remarquable. Nous fermons les yeux, question d’explorer davantage : il nous vient des parfums de barbe à papa, de queue de castor à la cannelle. Notre cerveau nous joue peut-être des tours, l’illusion, quoi qu’il en soit – celle d’être au centre d’une foire agricole – persiste. Le Funk et la Furie, bière festive, mirobolante, mérite qu’on s’y attarde.

Il me faudra sans doute une deuxième bouteille pour confirmer cette première impression, mais je peux déjà vous dire qu’il s’agit d’une des belles découvertes de l’année. Les houblons sont présents sans enterrer les levures, et sans toutefois que celles-ci soient seules maîtresses à bord. L’alcool est pratiquement indétectable (ce que je trouve toujours bon signe dans une bière, malgré que je ne sois pas un amateur de Molson), et les céréales trouvent matière à s’épanouir également.

Il en reste, lorsque la bouteille est vide, un goût persistant d’été. Quelque chose que certaines brasseries cherchent souvent à recréer en vain, mais qui constitue ici l’ADN même de cette bière.

À déguster en mangeant du maïs, et en écoutant le dernier de Lisa Leblanc.

Hi ! Ha !

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