Pomona, Four Winds Brewery

Quand une bière te fait cet effet-là, pas l’choix d’écrire de quoi. Je me rends compte que je tiens souvent à écrire mes articles au moment même où je bois une bière. D’autre part, j’ai (comme plusieurs) pris l’habitude de conserver les bouteilles d’exception pour les occasions spéciales : réceptions particulières, soupers de famille et, évidemment, soirées de dégustation entre confrères gustâteux.

Je constate toutefois qu’il m’arrive ainsi très souvent de découvrir de purs délices, qui mériteraient évidemment un petit article, dans un contexte non propice à l’écriture. Voilà qui est très embêtant! Je saute donc souvent à une autre bière, plus commune, alors que cette petite perle avait beaucoup de substance à offrir. Bref, pour une fois je vais parler de l’une de ces délicieuses trouvailles qu’il m’a été donné de goûter lors de ma dernière soirée de dégustation : la Pomona de la brasserie Four Winds.

Tout d’abord il est important de mentionner que la brasserie Four Winds en est une de Colombie Britannique, dont les produits ne sont malheureusement pas disponibles au Québec. On parle donc ici d’une bière de blé sure vieillie 12 mois en fût de vin rouge sur nectarines, assemblée avec une witbier vieillie 3 mois en foudre sur abricots. Bon. On s’attend déjà à du haut niveau avec telle description. Et c’est bien ce dont il est question!

En retirant le bouchon, d’un beau « pop » qui n’est pas sans rappeler l’ouverture d’une bouteille de champagne, on hume déjà de doux parfums floraux qui s’échappent du goulot sous forme d’un généreux, mais délicat, petit brouillard olfactif. Ça s’annonce bien! En versant ledit liquide, on remarque évidemment sa robe orange dorée, mais aussi son nez qui se manifeste encore plus et nous propose maintenant des envolées fruitées et florales. Une brise printanière portant douces fragrances de fleurs sauvages en pleine période de pollinisation. La première gorgée se situe à peu près à la croisée des chemins entre jus de pomme brut, ballade dans un champ fleuri et cidre fermier. Les pommes et le pollen figurent donc au tableau dès le départ pour ma part! Puis, de gorgées en gorgées on découvre un savant amalgame de fruits à noyaux sur fond vineux et boisé. Ben voyons. C’est donc ben bon!

Une belle complexité livrée dans un délicieux enrobage fruité et acidulé, voire mielleux. On parle de brettanomyces sur l’étiquette, mais l’aspect rustique n’est pas très présent dans le rendu. Somme toute, ça ajouterait une dimension intéressante au final alors l’idée de la laisser maturer afin que la levure sauvage se développe aurait pu être une bonne option. Je n’ai toutefois rien trouvé de négatif à dire sur mon expérience alors je demanderais simplement à celui où celle qui osera la laisser maturer un an ou deux de me faire signe pour une gorgée, accompagnée de mes plus sincères félicitations, car j’en serais moi-même sans doute incapable. C’est ben trop bon!

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En conclusion, si jamais vous allez en Colombie Britannique, retenez ce nom. Four Winds, Delta est sans conteste un lieu qui vient de prendre pas mal d’ampleur dans ma liste de destinations touristo-brassicoles à visiter avant de mourir. On déguste ça en accord avec un bon fromage à pâte ferme Gré des champs ou bon vieux Oka. Obligé!

Pssst… merci à mon ami Hippetyhopness pour celle-ci! ?

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