Saison Collabo, Oshlag/Shelton

Wô les moteurs !

La Saison Collabo, j’ai dit wô !

Les brasseries Oshlag et Shelton nous ont brassé toute une expérience : une saison surette hors du commun. Cette bière-là renvoie le buveur dans le fond de son hamac, cul par-dessus tête en train de se demander ce qui vient de lui arriver.

Wô la robe, d’abord ! Couleur miel, avec un collet fin, brouillée vers la fin lorsqu’on oublie de la remuer, nous sommes déjà ailleurs. Au nez, ensuite, la sauce commence à prendre : c’est fruité comme dix, avec des arômes de pamplemousse, de fruit de la passion, d’ananas et de bonbon sûr. Un paquet d’odeurs s’enfuient du verre, certaines en début de parcours, d’autres au milieu ou à la fin.

Wô le dégustâteux ! Cette bière-là est quand même pas un Transformer ? Tenez-vous bien : c’est en plein ce qu’elle est. En bouche ça commence avec une poignée de bonbons Fiz — première gorgée égale citron, deuxième égale fraise, troisième égale cerise, quatrième égale… égale… Pain aux raisins (!?) Pain aux raisins ?

Wô le buveur ! T’as quand même pas imaginé du pain aux raisins dans ta bière du samedi soir ?

En plein ça. Derrière la montagne de fruits, entre un soupçon de cannelle et de lime, se cachait le petit sac à pain rouge avec la petite madame qui tient son panier de raisins secs sur le rayon boulangerie de l’épicerie du coin.

La petite madame avec son panier de raisins, hein ?

Peu importe, ça fait beaucoup de saveurs dans une seule bière, c’est ça qui compte. Mm… mais l’aspect le plus intrigant de l’affaire c’est que certaines de ces saveurs disparaissent au profit d’autres, pour ensuite revenir, transformées, plus rondes, plus acides, plus surprenantes.

J’ai beau me creuser le ciboulot, j’arrive pas à me souvenir d’une boisson qui aurait eu cette profondeur. Il faut peut-être aller du côté des grands crus (un expert des Château Lafite dans la salle ?) pour retrouver une telle complexité. Et si certains se demandent encore en quoi la bière peut être une boisson de dégustation, voilà certainement un début de réponse. Car sans que cette Collabo sacrifie aucun des attributs habituels de la bière (fraîcheur, légèreté), elle pointe dans une toute autre direction : celle des grands festins gustatifs.

Wô la chronique ! Je retourne à mon verre !

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