Schwarzbier, Brasserie Vrooden

Y aurait-il un lien mystérieux qui unirait Granby à la lointaine Allemagne ? Une sorte de pacte entre le maire de la ville des Cantons de l’Est et un obscur homologue bavarois ? Un passage secret ? À moins que le sol des deux endroits recèle les mêmes éléments chimiques permettant le brassage d’une bière hors du commun ?

Quoi qu’il en soit, la brasserie Vrooden a misé juste en développant sa série de bières d’inspiration allemande.

Notons d’abord le respect de la Reinheitsgebot, la loi de la pureté de la bière, qui fait en sorte qu’on nous garantit les ingrédients de base de la bière : eau, levures, céréales et houblons. Rien d’autre, pas d’écorce de kiwi à la sauce barbecue, de fermentation en apesanteur, pas plus que de brassin augmenté aux épices orientales.

De la bière, que de la bière.

La Schwarzbier de Vrooden, comme les autres bières de ce brasseur, frappe d’abord par sa robe. Sévère, nimbée d’une jolie teinte bourgogne, on est déjà dans l’élégance.

Une impression qui se poursuit au nez. Caramel, malt, des arômes de cuir en fin de parcours. Tout en nuances et en retenue.

Ensuite, en bouche, l’équilibre prédomine. Céréales, malt caramélisé. On est près du stout, mais sans verser dans le torréfié, avec une légèreté surprenante et une finale discrètement houblonnée.

S’agit, pour tout vous dire, d’une des bières foncées les plus légères qu’il m’ait été donné de boire. Oubliez le saucisson et le morceau de fromage, elle se boit toute seule, regard perdu dans les lander, à écouter du Schubert. Le Voyage d’hiver, pourquoi pas. Version Keith Kouna, tiens, pour nous rappeler de quel côté de l’Atlantique l’on se trouve.

Parce que grâce à Vrooden, l’illusion est parfaite.

Prost !

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