Top 5 brassico-littéraire – Accords bières/livres 2016

Eh oui, parce que c’est le temps des listes, on a décidé chez Les Dégustâteux de se lancer dans l’aventure. Attention, pas de n’importe quelle façon : avec des accords bières et culture pas piqués des vers ! On commence avec la littérature, et le top 5 d’Alice.

Cinquième position
Bière : Schwarzbier, Brasserie Vrooden
Livre : Bienvenue à Meurtreville, André Marois, éditions Héliotrope

Voilà un roman policier à l’humour aussi noir que grinçant. La Lager noire de Vrooden ira à merveille avec ce récit d’un maire d’une petite localité qui décide de prendre les grands moyens pour faire venir les touristes chez lui. Subtil, surprenant, et à consommer avec un sourire en coin.

Quatrième position
Bière : The Funk and the Fury, Brasserie Avant-Garde
Livre : En rampant, David Clerson, éditions Héliotrope

Parce que cette bière-là rampe parmi les insectes et la verdure, avec ces saveurs de cuir et d’écurie, de foire et de foin, et que l’on y plonge à plat ventre en ne souhaitant jamais se relever. Parce que le livre de Clerson est tout aussi jouissif et qu’il donne d’autant plus le goût de le reprendre du début lorsqu’on le dépose sur sa table de chevet. On en sort étrangement grandi, malgré les tâtonnements et les zones d’ombres, et convaincu d’une chose : c’est pas parce qu’on est grand qu’on peut pas être petit. Et vice-versa.

Troisième position
Bière : Chicha Quechua, Brasserie Oshlag
Livre : Naufrage, Biz, éditions Leméac
Étrange accord, je vous le concède. Pourtant dans les deux cas on n’en sort pas indemne. Plutôt remplis de questionnements. Qu’est-ce que c’est que cette boisson sans houblons dont la palette de goût ne ressemble à rien de ce que l’on connait d’une bière ? Plusieurs n’y ont rien compris, y ont même vu un affront à leur palais, une insulte à leur intelligence bièrophile. Le livre de Biz est tout aussi coup de poing, mais d’une autre manière. La question qui se pose quand on tourne la dernière page est la suivante : comment faire pour survivre à cette histoire au rebondissement imprévisible ?
Si j’ai un conseil à vous donner, c’est d’expérimenter les deux, la Chicua Quechua et Naufrage, en ayant le coeur bien accroché !

Deuxième position
Bière : IPA, Brasserie Les Trois Mousquetaires
Livre : La chambre verte, Martine Desjardins, éditions Alto
Cette histoire abracadabrante racontée du point de vue de la maison dans laquelle elle se passe se conjugue à merveille avec la petite bombe olfactive qu’a lancée LTM cette année. On se retrouve cul par-dessus tête, Gros-Jean comme devant, et la yeule à terre, pas le temps de dire pardon mononcle, ni d’appeler un taxi ! Sérieusement, cette IPA de la brasserie de Brossard, si vous n’y avez pas encore goûté (honte à vous !), courez l’acheter, c’est un régal de houblons et de fruits. Le livre de Martine Desjardins, qui raconte les aventures d’une famille de grippe-sous dans le Montréal des années 60, se lit d’une même traite.

Première position
Bière : Geminus, Brasserie le Bilboquet
Livre : L’année la plus longue, Daniel Grenier, éditions le Quartanier
Je sais, le livre date de l’an dernier, mais si vous ne l’avez pas lu, garrochez-vous. La fresque de Daniel Grenier témoigne d’une écriture à la fois maîtrisée et enracinée. Un homme qui naît un 29 février se voit doté d’une longévité insoupçonnée. S’en suit un survol de notre histoire, raconté d’une façon poignante et attachante. Quelque chose qui ne peut que me ramener au Bilboquet, une brasserie qui dure, et qui fait montre d’une remarquable inventivité avec cette bière toute en finesse, une double belge aux accents caramélisés qui n’a rien à envier aux bières de l’Ancien Monde, et qui nous prouve que brasser de la bière, c’est d’abord une histoire de passion et de travail acharné.
Dans les deux cas, on a qu’une envie : partager !

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